C’est Ariane qui rend possible notre approche ici d’Antigone et notre compréhension non seulement du personnage féminin d’Antigone mais aussi de la tragédie comme expression de l’humain et construction politique pour ces temps trop chrétiens (c’est-à-dire capitalistes, névrotiques et violents). En se tenant au côté d’Antigone, nous pouvons rendre visible la construction d’un NousAutres pour ces temps complexes où un tango chaotique se danse tous les jours et où des Milei des Trump des Meloni des Bolsonaro sont élus par des millions de chrétiens névrosés : ils se présentent ensuite comme les sauveurs de l’humanité au milieu du chaos.
Antigone est un effet à distance, c’est une Ariane qui s’exprime toujours comme un commencement dans sa manière radicale de ne pas être une mère génitrice car le féminin n’est pas nécessairement maternel, il est assassin, il est législateur, sacerdotal, compagnon, divin, danseur, c’est Antigone comme fondatrice de la cité, comme instance donatrice du lien entre l’un et l’autre, assumant la souffrance dans sa propre vie : Antigone est littéralement l’expression de Dionysos.
Ricardo Espinoza Lolas, Antigone, une interprétation dionysiaque, Herder, 2026