La créaction poétique et politique, c’est un monde rêvé à réaliser écrit par Gérard de Nerval, il commence dans Aurélia, la plus révolutionnaire des filles en feu :
« Le rêve est une seconde vie. Je n’ai pu percer sans frémir ces portes d’ivoire ou de corne qui nous séparent du monde invisible. Les premiers instants du sommeil sont l’image de la mort : un engourdissement nébuleux saisit notre pensée, et nous ne pouvons déterminer l’instant précis où le moi, sous une autre forme, continue l’œuvre de l’existence. C’est un souterrain vague qui s’éclaire peu à peu, et où se dégagent de l’ombre et de la nuit les pâles figures gravement immobiles qui habitent le séjour des limbes. Puis le tableau se forme, une clarté nouvelle illumine et fait jouer ces apparitions bizarres ; – le monde des esprits s’ouvre pour nous. »
Avec Nerval, comme avec Mallarmé, l’écriture écrite change la vie vécue et la révolution rêvée. Le monde des esprits ouvre matériellement le monde de la vie vraie : le quotidien et son réel, le théâtre et son double.
La question qui manifeste Nietzsche/Artaud est maintenant :
Quelles phrases de Nerval mettent en scène la révolution de la femme pour réaliser la littérature mineure qui aime la vie non fasciste ?
Pour vraiment commencer à manifester.
Le manifeste Nietzsche/Artaud est une révolution du théâtre Nerval.
J’ai vu Aurélia à Madrid. Le monde des esprits
C’était la créaction en actes nervaliens, creación y acción en el mismo tiempo.
Car c’est la paensée qui est venue à nous lors du congrès du réseau NosOtros à Madrid à l’Université de la Complutense, fin septembre 2025.
Je dédie mes notes, pour un manifeste Nietzsche/Artaud prises lors du congrès NosOtros, à Ricardo pour la forme et la force de la pensée et à Fabiana et Giada pour l’amour du genre critique d’existence humaine, pour la joie venue des Pouilles, et la puissance féminine venue d’Ariane et de Médée.
Tout cela, à Madrid, s’est organisé pour que naisse une Philosophie de l’individuation et une paensée du théâtre.
Leyendo escrituras mías
Je relis mes notes
Je reprends le mouvement
Me pongo en el movimiento
J’écris pour NousAutres
Je ne donnerai aucun nom
Ils sont NosOtros
En Madrid
Era el otoño
Del pensamiento
El arte del devenir
Autrement dit
Les devenir-révolutionnaires
Les devenir-femmes
Étaient au rendez-vous
Cómo flores en el jardín
De los délices del Bosco
En el museo del Prado
Je suis un philosophe qui écrit en français mais qui pense espagnol chilien argentin brésilien italien depuis que Ricardo Espinoza Lolas son ami le philosophe des Amériques du sud l’a reconnu comme nietzschéen et écrivain.
Soy filósofo quien escribe en francés, pero quién piensa en castellano brasileño italiano chileno desde que Ricardo Espinoza Lolas su amigo el pensador de Chile le ha reconocido cómo nietzscheano y escritor.
Entre el 23 y 26 de septiembre de 2025 pasó algo raro en la Universidad de Madrid durante el congreso de la Red NosOtros: la revolución de la individuación pasó por palabras textos y gestos de todxs lxs escritores y hablantes presentes.
El ser el origen el dios el cristo el estado son muertos del movimiento de la mujer y del hombre creándose y creando el mundo de Diónysos y Ariadna. Entonces seguimos NosOtros sin origen y sin fin.
J’ai dédié mon intervention au Congrès NosOtros à Madrid à Greta Thunberg, le masque d’Antigone, et à Joaquin Phoenix, le masque du Joker.
Je suis un masque
J’avance avec
Je suis une individuation
Je suis ce mouvement
Par ailleurs
Je suis Alain Jugnon philosophe de gauche
J’écris encore dans la langue
d’une droite chrétienne de civilisation française
Je veux maintenant penser dans la langue de gauche
de la révolution en espagnol en portugais en italien
Merci cher Ricardo Merci à toutes et à tous
Merci de me connaître reconnaître faire naître
Comme nietzschéen de gauche
Oui
Parce que je suis un feddayin à Gaza
Une mère courage en armes à Rafah
Je suis un philosophe nietzschéen propalestinien
en France la nation de la Révolution
Mais
Non
Car en France aujourd’hui
la connaissance disparaît
la conscience se dématérialise
la force républicaine de sécurité
en finit avec le droit démocratique
de créer et de résister
Alors
Oui oui oui
Je suis un Palestinien de la révolution française
J’ai vécu à Madrid la Palestine libre
à mes frères et sœurs en NosOtros
je rentre demain en France
je n’ai un cœur et une paensée que pour vous
amigxs de Chile Italia Brasil Irlanda Argentina
je refuse la France et l’horreur capitaliste
sioniste et chrétienne de tout mon corps
je veux écrire le manifeste Nietzsche/Artaud
de notre philosophie de notre démocratie de notre féminisme
mais je reviens en France et la France
est le lieu immonde de la destruction
de la Palestine et de la mort violente
de l’idée communiste
je suis NosOtros
votre Révolution
française de Palestine
Ce sont donc des scènes jouées par des figures vraies qui sont des masques réels : la métaphysique, le christianisme et le capitalisme vont s’auto-détruire à la simple vision et audition de cette nouvelle mise en scène de la philosophie par Ricardo Espinoza Lolas le disciple chilien de Dionysos
Son escenas actuadas por figuras verdaderas que son máscaras reales: la metafísica, el cristianismo y el capitalismo van a destruirse totalmente cuando vean y escuchen esa nueva puesta en escena de la filosofía realizada por Ricardo Espinoza Lolas, el discípulo chileno de Dionisos
Lors du congrès NosOtros de Madrid, la pensée est venue selon la présence et l’expression de l’esprit matériel de Jean-Luc Nancy. Ricardo, dans sa conférence inaugurale, a parlé de lui : ici commença le mouvement qu’en Occident nous appelons philosophie quand le monde entier nous crie poésie. Jean-Luc Nancy exposait son corps-os, comme le voulait Ricardo, il y avait de la pensée critique pour faire la révolution contre le capitalisme de tous les côtés. Déjà dans la magnifique salle du Paraninfo de l’Université de philosophie de Madrid, tous les participants, venus du Brésil, de France, d’Argentine, d’Italie, d’Ecosse et du Chili, essentiellement, attendaient que Jean-Luc Nancy, le philosophe du sensible et de l’ivresse mêlés, déboule dans l’espace grand ouvert pour lancer la cadence d’une danse dionysiaque. Ce fut fait ensuite par les paroles et les gestes de tous les intervenants du congrès : NousAutres, nous savons danser la pensée. Pol de Barcelone, par la suite, emporta le morceau avec le duende de Lorca, chanté dans sa forme nietzschéenne, pour ébahir le bourgeois et couper court le fasciste. Fabiana serrant dans ses bras une Maria Zambrano anthropologue et Giada nous faisant aimer une Virginia Woolf écrivant le théâtre de son dernier roman, nous avancions masqués et riant vers la femme dionysiaque et son amant philosophe et dieu.
Il y eut ensuite un Don Quichotte beau comme Descartes qui nous fut présenté, exposé, intégré et dévoilé. Mais c’est Luca le philosophe du loop, ce mouvement lu et vu chez Derrida, qui fait et devient tout mais que tout ce qui est ne peut contenir sans l’arrêter, c’est Luca donc qui nous poussa jusqu’au bout de la danse pour qu’à la fin ce soit la pensée elle-même qui nous emporte au ciel bleu de nos corps amoureux. Comme pris dans le mouvement d’un grand tableau de Miro.
J’en vins à reprendre mon vol en espagnol. Pour suivre la cadence. Passer à l’acte de la révolution NosOtros.
Si, existe la razón de la locura en el baroco racional y onírico de Descartes.
Si. Lo hay, en la segunda meditación, cuando aparece el teatro de las máscaras, que son la realidad y dios. Cuando Descartes juega con la duda hiperbólica y crea un dios enmascarado que se queda solo cuando el pensamiento inventa un mundo y su racionalidad.
J’ai donc vu la pensée du monde passer à Madrid, fin septembre 2025, dans l’amphithéâtre de la faculté de philosophie. Voir ainsi la pensée du monde passer à Madrid, alors que le génocide des Palestiniens par les israéliens se poursuivait à Gaza, c’était comme assister, puissant et engagé de corps et d’esprit, à un concours de tragédie à Athènes à l’époque de Socrate, ou participer à une séance du Collège de sociologie avec Bataille et Leiris à Paris en 1936. Ce congrès à Madrid était un évènement pour la pensée critique en 2025. Avec Ricardo, Fabiana, Luca, Giada et Pol, un événement poétique et politique pour NousAutres.
Nous étions une quarantaine d’écrivains et de penseurs du Chili, du Brésil, d’Ecosse, d’Italie, de France et d’Argentine. Nous discourions sur le masque, la résistance et l’art. Nous vivions trois jours d’une vita nova et d’un gai savoir que Nietzsche et Dante nous auraient enviés. Nous avions écrit, pensé et lu des textes que nous aimions lire, penser, écrire, pour construire le monde qu’il faut, à la hauteur des vies minuscules des êtres non’inhumains que nous devenons.
Que s’est-il passé à Madrid ?
Depuis les tragiques grecs
Ce qui se passe est ce qui passe
Et pense sur la scène de théâtre
Devant le monde qui voit
Qui entend et qui sait
Cela se passait cela s’est passé
C’était Madrid c’était NosOtros
Luca Giada Ricardo Fabiana
Pol Ana Xabier Antonio
Andrea Theodoro Mikel
Eliseo Eladio Pamela Oswaldo
Eduardo Timothy Daniel
Francisco Anna Antolín
Matias Rodolfo Pedro Joao
Margerita Tomasso Patricio
Maurizio Ericson José Luis
Cela aura été nous et les autres
Contre le capitalisme numérique
Et la société automatique
Pour les singularités les amitiés
Les scènes et les écritures
Les libres et les livres
Donner le ton, poser le mouvement
Pousser la danse, chanter le loop
Car le vent s’est levé à Madrid
En deux axiomes vitaux et créateurs au moins :
1. Imprimer le caractère de l’être au devenir
2. Transindividuer sur le théâtre permanent des individuations
Ce fut ainsi tout le théâtre de l’expression,
contre la mort en direct de la représentation.
C’était le vent de Madrid,
Nous avons tenté de vivre.
Alain Jugnon, le 4 octobre 2025.